Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a défendu sa décision d’invoquer pouvoirs d’urgence pour disperser les manifestants anti-vaccins qui bloquaient les passages frontaliers du Canada avec les États-Unis et occupaient la capitale plus tôt cette année.

Trudeau, témoignant vendredi devant une commission d’enquête indépendante à Ottawa, a déclaré qu’il lui appartenait, ainsi qu’à son cabinet, de déterminer si le seuil avait été atteint pour déclarer une “urgence d’ordre public”, ce qui est nécessaire pour invoquer la Loi sur les mesures d’urgence.

Il a déclaré que son gouvernement avait examiné si le soi-disant convoi de la liberté constituait une menace pour la sécurité du Canada et s’il était impliqué dans des activités qui constituaient une «menace de violence grave» pour atteindre ses objectifs politiques ou idéologiques.

“Il n’y avait pas l’impression que les choses se dissipaient”, a déclaré Trudeau, soulignant la présence d’armes à un blocus frontalier de l’Alberta, l’utilisation d’enfants comme “boucliers humains” à un autre site de protestation et la « militarisation » des véhicules du convoi.

“Nous ne pouvions pas dire qu’il n’y avait aucun risque de menaces de violence grave, de violence grave”, a déclaré Trudeau. “Nous voyions les choses s’aggraver, pas les choses devenir sous contrôle.”

Vendredi marque le dernier jour des audiences de la Commission d’urgence de l’ordre public, qui commencé le mois dernier. Le panel a entendu des témoignages d’organisateurs de convois, de politiciens canadiens, de résidents d’Ottawa, de policiers et de responsables de la sécurité nationale.

La commission a été chargée de examiner les circonstances qui a conduit Trudeau à invoquer la Loi sur les mesures d’urgence le 14 février en réponse au convoi, organisé par des militants d’extrême droite.

Les participants au convoi ont convergé vers le centre-ville d’Ottawa à la fin janvier pour protester contre un mandat de vaccination pour les camionneurs traversant la frontière canado-américaine. Les camionneurs anti-vaccins et leurs partisans ont également appelé à la fin de toutes les restrictions liées au COVID-19 et à la démission de Trudeau.

Les participants ont occupé les rues du centre-ville d’Ottawa pendant plusieurs semaines, faisant retentir leurs klaxons et bouleversant le quotidien tandis que d’autres ont érigé des barrages aux passages frontaliers dans les provinces de l’Ontario et de l’Alberta.

La décision de invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour la première fois depuis son entrée en vigueur en 1988, a suscité l’inquiétude des groupes de défense des droits civiques et d’autres observateurs qui se sont demandé si le Canada avait atteint le seuil légal strict nécessaire pour invoquer la mesure.

D’autres ont demandé s’il était nécessaire d’utiliser la loi ou si les autorités n’avaient pas la volonté d’utiliser d’autres outils déjà à leur disposition pour mettre fin aux manifestations.

Cette décision a conféré au gouvernement des pouvoirs étendus, notamment la possibilité d’interdire toute réunion publique “dont on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’elle conduise à une violation de la paix” et de restreindre l’accès à des zones spécifiques.

Un camion garé dans une rue avec un message condamnant les mandats COVID imposés
Un camion stationné au centre-ville d’Ottawa pendant le Freedom Convoy le 5 février 2022 [Minas Panagiotakis/Getty Images via AFP]

Le chef de l’agence d’espionnage du Canada, le Service canadien du renseignement de sécurité, a déclaré à la commission qu’il soutenait l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence et a conseillé à Trudeau de l’invoquer, les médias canadiens signalé cette semaine.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a également témoigné jeudi que le gouvernement canadien était préoccupé par les effets économiques du mouvement des convois.

Elle a déclaré que le conseiller économique du président américain Joe Biden avait demandé un appel avec elle quelques jours seulement avant que la loi sur les mesures d’urgence ne soit invoquée pour parler des blocus frontaliers entre les États-Unis et le Canada, ont rapporté les médias canadiens.

« C’était un moment dangereux pour le Canada, j’ai senti », a témoigné Freeland, alors que signalé par CBC News. «Cette conversation a été déterminante pour moi. Et ce fut un moment où j’ai réalisé qu’en tant que pays, d’une manière ou d’une autre, nous devions trouver un moyen de mettre fin à cela.

Mais l’Association canadienne des libertés civiles, qui a soulevé des inquiétudes depuis que la mesure d’urgence a été invoquée pour la première fois, a dit jeudi que “le “préjudice économique” n’est pas un motif d’invocation de la loi sur les mesures d’urgence”.

“Nous avons de vraies questions sur la raison pour laquelle les voies légales normales et préexistantes n’ont pas été utilisées pour résoudre les problèmes au lieu d’invoquer la loi sur les urgences”, a déclaré Cara Zwibel, directrice du programme des libertés fondamentales de l’association, à Al Jazeera avant la première audience de la commission en octobre. .

Vendredi, Trudeau a déclaré que l’utilisation de la loi visait à renforcer la capacité des autorités non seulement à éliminer les blocus et l’occupation des convois, mais également à s’assurer que les manifestants ne reviendraient pas. Il a fait valoir que cela avait aidé à prévenir la violence potentielle et à assurer la sécurité des personnes.

“Je suis absolument, absolument serein et confiant d’avoir fait le bon choix”, a déclaré Trudeau.

La commission a jusqu’au 6 février 2023 pour soumettre un rapport final au gouvernement canadien, y compris toute recommandation.



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By pfvz8

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